Châteaux, Musées, Monuments

Jeudi 3 décembre 2009 4 03 /12 /2009 00:00


Coucou,
Je viens à l'instant de lire le commentaire de Galinette et elle a raison.
J'ai oublié de vous dire quelque chose à propos de ce sarcophage.
Voici ce qu'elle écrit :
"Tu as raison de faire la promo de ce musée, il ne paye pas de mine, mais il est plein de richesses locales d'époques variées... Juste à ajouter que ce sarcophage a été trouvé dans un domaine agricole à La Celle".
Merci Galinette pour cette précision.
Pour voir le blog de Galinette : "Entre les jas"

http://entrelesjas.over-blog.com/


Plaque au-dessus du linteau de la porte de l'ancien palais comtal (Photo Nadine)

En introduction, il faut préciser que le Musée du Pays Brignolais occupe l'ancien Palais des Comtes de Provence. Il présente des collections très diversifiées
réunies avec passion depuis 1945 par l'association des Amis du Vieux Brignoles...
Je vous conseille d'aller visiter ce musée qui est vraiment fort intéressant et dans lequel sont présentées des pièces uniques comme le sarcophage de la Gayolle dont je vais vous parler.

Ce sarcophage est daté au IIIe siècle de notre ère. Il est considéré comme la plus antique tombe chrétienne sculptée qui soit parvenue jusqu'à nous.

A qui fut-il destiné ? Un saint ou une sainte, ou quelqu'un d'un rang social élevé ? Le mystère demeure... Ce que l'on sait, c'est qu'il fut réutilisé au VIe siècle pour Syagria, puisque l'inscription rajoutée sur le bandeau supérieur précise : " Ici repose dans la paix Syagria, de bonne mémoire, qui mourut le 12 des calendes de février…, la onzième de l'indiction" c'est-à-dire, dans la première moitié du VIe siècle.
 
 

Le sarcophage de la Gayolle (Photo Nadine)

Les chrétiens, qui croient en la résurrection des corps, ne voulaient pas se faire incinérer. Ils se faisaient inhumer, ce qui deviendra la règle dans l'Empire Romain à partir du IIIe siècle. Mais les traditions hébraïques faisaient qu'on ne devait pas représenter Dieu. Il faut préciser que les Chrétiens, avant l'édit de tolérance de l'empereur Galien en 260 et surtout avant l'empereur Constantin, vivaient leur foi dans la discrétion la plus absolue. Les fabricants de sarcophages trouvaient leurs sources d'inspiration dans la mythologie grecque ou romaine mais on ne pouvait pas encore parler véritablement d'art chrétien. Ce n'étaient donc que des symboles, que l'on trouvait aussi sur des tombes païennes, qui étaient utilisés pour les sarcophages mais qui cependant pouvaient être réutilisés avec une connotation chrétienne.
Le sarcophage de la Gayolle en est un très bon exemple.


Comme on peut le remarquer, le sarcophage est endommagé au milieu (Photo Nadine)

Description du sarcophage :

En fond, la nature est représentée avec des arbres et des oiseaux.
A gauche, une image païenne du soleil avec un pêcheur qui sort un poisson de l'eau, une ancre, un orante debout entre les arbres du Paradis où se pont des colombes.
Au centre, le panneau a été mutilé, sans doute par des pilleurs de tombeaux comme on en trouve un peu partout au cours de l'Histoire. On peut tout de même y voir un personnage qui enseigne à un enfant.
A droite est représenté le Bon Pasteur avec ses brebis et à l'extrémité, le dieu païen qui trône et tient un bâton qui est le symbole de l'autorité et de la puissance.

Pour voir le sarcophage en plus grand, voilà une photo de mon ami André Bouchaud
http://bouchaudandre.unblog.fr/files/2009/09/dsc06372copie.jpg
Il faut vous dire que le jour où nous sommes allés au musée, c'était pour les Journées du patrimoine et que le public était tellement nombreux que j'ai dû jongler pour prendre des photos car je n'avais aucun recul. Mais pourquoi les gens attendent-ils que ce soit gratuit une fois par an pour aller voir leur patrimoine ?

Pour voir le site du Musée :
http://www.museebrignolais.com/

Par Nadine de Trans en Provence - Publié dans : Châteaux, Musées, Monuments - Communauté : Passion Histoire
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Mercredi 25 novembre 2009 3 25 /11 /2009 21:00


Cet article est le dernier de la série sur cette ville superbe qu'est Aix-en-Provence.
Il concerne les atlantes qui encadrent la porte de l'hôtel Maurel de Pontevès.
Je vous avais déjà parlé d'une autre porte aux atlantes qui se trouve à Fréjus.
http://www.transenprovence.org/article-26389687.html
J'espère que vous apprécierez autant cet article que vous avez aimé les autres.
Vous me le direz dans vos commentaires. Merci à vous.


Le cours Mirabeau en 1792 dit "Lou cous" en provençal

C'est le parlement de Provence  qui ordonna la construction d'un cours à carrosses à la place du rempart, du fossé et des lices. Il fut construit entre 1649 et 1651. Il reliait la vieille ville et le nouveau quartier Mazarin, c’est une promenade en carrosse intra–muros qu'il convenait de créer comme lieu de déambulation des aixois. A l’origine il n’a pas de nom, son appellation Cours Mirabeau ne date que de 1876. C’est sur le Cours que se situent quelques-uns des plus beaux hôtels particuliers de la ville.

Celui que je vous présente est sis au 38, Cours Mirabeau.
Il abrite le Tribunal de Commerce.
Construit entre 1647 et 1650 pour le marchand drapier Pierre Maurel, il est le plus ancien hôtel particulier du cours Mirabeau et reflète la réussite financière et sociale de son propriétaire. Il fut successivement commerçant de draps, puis maître des courriers des postes en la Généralité de Provence, conseiller à la Cour des Comptes pour terminer Intendant des Finances.
Pierre Maurel fut anobli en 1639 par sa charge à la Cour des Comptes de Provence, il épousa Diane de Pontevès en 1645 et devint Trésorier des Etats de Provence en 1653.


Les atlantes de l'hôtel Maurel de Pontevès (Photo Nadine)

Il fit construire sa demeure par Jean Lombard et Pierre Pavillon dès 1647.
L'architecture est d'ordonnance classique : de style dorique au premier étage, ionique au second, corinthien au troisième. Les atlantes de Jacques Fossé, qui supportent le balcon, inaugurent ce thème à Aix et la porte en noyer impressionne par ses heurtoirs à tête de lion. La qualité de la décoration de la façade se retrouvait dans la disposition intérieure, en partie inspirée à Pierre Pavillon par le peintre Jean Daret, célèbre jusqu'à devenir le peintre du roi Louis XIV.
A l’arrière, se trouve un beau jardin décoré de fontaines.


Atlante - gros plan - (Photo Nadine)

A signaler que cet article constitue ma contribution à la communauté Portes du monde
qui est gérée par Virjaja.

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Par Nadine de Trans en Provence - Publié dans : Châteaux, Musées, Monuments - Communauté : portes du monde
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Vendredi 25 septembre 2009 5 25 /09 /2009 00:00




Le château de Sauvan (Photo Nadine)

Le château de Sauvan est situé à la campagne, isolé sur une terrasse face à Mane, village des Alpes-de-Haute-Provence, dominé par son château seigneurial. Il se découvre depuis la route nationale reliant Avignon à Sisteron.

La construction de ce château de plaisance a été commandée par Michel François de Janson, commandeur de Saint Jean de Jérusalem, brigadier des armées du Roi, à Jean-Baptiste Franque en 1718. L’architecte avignonnais confie le suivi des travaux à l’entrepreneur Guillaume Rollin qui dirige le chantier interrompu par la peste de 1720, puis par la mort du commanditaire en 1731. Son neveu Michel de Forbin-Janson en devient propriétaire et ne poursuit pas le programme de construction qui reste en partie inachevé, pour la décoration sculptée en particulier.


Le jardin de devant (Photo Nadine)

Un plan du château et son parc, dessiné par Pierre-Alexis Delamair, est conservé à Munich. Ce projet a sans doute été soumis à Jean-Baptiste Franque qui l’a adapté au souhait du commanditaire et à la configuration du terrain dont la pente rend difficile la réalisation du projet. Pendant la Révolution, seules les armes sculptées au fronton ont été martelées.

Les propriétaires actuels Robert et Jean-Claude Allibert ont acquit le château en 1981. Depuis cette date, ils n'ont de cesse de le restaurer afin de le mettre en valeur et de pouvoir permettre une visite régulière du public. Quand le guide Jean-Claude Allibert vous emmène à la découverte de son château, vous sentez vraiment en lui qu'il a une passion et un amour profond pour cette magnifique demeure. J'ai rarement visité un château aussi beau qui possède encore et surtout son mobilier d'époque !

Le prochain projet des frères Allibert est de remettre en valeur le jardin à la française qui existait et qui a disparu au cours du temps. Ils ont fait appel à des archéologues paysagers pour rechercher des traces du jardin initial. Cela a été fait en 2006. Les archéologues ont fouillé et retrouvé des traces de ce premier jardin. Grâce à des subventions de divers organismes, ce jardin va pouvoir dans l'avenir être reconstitué tel qu'il existait à l'origine.


Le second hall avec l'escalier monumental (Photo Nadine)

Les pièces de réception du rez-de-chaussée dénotent un goût raffiné. Nous entrons dans le premier hall, remarquable par ses volumes, qui mène dans la salle à manger attenante où nous découvrons une cheminée monumentale dessinée par l'architecte Eugène Viollet-le-Duc, ainsi qu'une collection de faïences du XVIIIe siècle. Se côtoient des faïences de Moustiers, Marseille, Apt, Montpellier, Allemagne en Provence et Mane retrouvées par les frères Allibert dans les caves du château et restaurées patiemment par eux.



Mannequin en costume de paysanne dans le grand hall (Photo Nadine)

La visite se poursuit par le deuxième hall tout en pierre de taille comme les façades du château. Les grandes porte-fenêtres récemment démurées (19 ont été réouvertes) laissent entrer abondamment le soleil et la lumière. Dans ce salon, au milieu d'un très beau mobilier, nous apprécions particulièrement le superbe lustre du XVIIIe siècle en verrerie de Venise.  Nous accédons au premier étage par la splendide et monumentale cage d'escalier dont les marches conservent les traces des sabots d'un cheval : la dernière héritière avait la fantaisie de se faire conduire dans ses appartements montée sur sa jument préférée... il faut le faire !



La salle de billard (Photo Nadine)

A l'étage, nous visitons la bibliothèque, la salle de billard et la chapelle. Nous traversons la galerie qui mesure 45 mètres de long sur 3,5 mètres de large et qui dessert les chambres du Marquis, de la Marquise, les chambres Louis XVI et Louis XV. Nous quittons le premier étage par le petit escalier dérobé qui nous permet d'arriver dans le salon de musique entièrement reconstitué dans son décor XVIIIe après avoir été transformé pendant de longues années en appartement. Aujourd'hui, les planchers et les cloisons ont disparu et le salon a retrouvé ses volumes d'origine.
Le château est surnommé le "Petit Trianon Provençal".

 

Le grand bassin (Photo Nadine)

Un jardin classique entoure le château dont les trois terrasses successives s’étalent devant la façade postérieure. Une vaste pièce d’eau rectangulaire occupe l’espace au nord entre le château et le pavillon des communs. Ce bassin servait de dépotoir aux anciens propriétaires. Trente camions ont été nécessaires pour le déblayer de tous les immondices qu'ils contenait, je vous laisse imaginer !

La façade antérieure, quant à elle, se développe à l’ouest, devant une cour d’honneur, un espace structuré par deux carrés de pelouse ornées de statues, un alignement de platanes et une allée menant au perron encadré par deux lions.
Et enfin, pour la petite histoire, ce château a servi de décor au film "La maison assassinée" avec
Patrick Bruel, film dont je vous ai parlé ICI. Pendant trois semaines, l'équipe de tournage a envahi les lieux, une vraie aventure pour les propriétaires...
Si vous voulez en savoir plus, voilà le lien du site du château :
http://www.chateaudesauvan.com/



Par Nadine - Publié dans : Châteaux, Musées, Monuments - Communauté : Communauté de Provence
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Lundi 3 août 2009 1 03 /08 /2009 00:00



Le musée de la Préhistoire (Photo Nadine)

Le musée de la Préhistoire des Gorges du Verdon, a pour mission de conserver le patrimoine archéologique provençal, de l'étudier et de restituer les résultat de ces recherches au public. D'après un cahier des charges établi par l'initiateur du projet, le professeur Henry de Lumley et son équipe en 1989, l'architecte anglais Norman Foster, associé au muséographe Bruno Chiambretto, a été chargé de réaliser le projet en 1992.
Le musée a ouvert ses portes au public le 28 avril 2001. Il est d'une architecture résolument moderne et permet au visiteur de faire un voyage d'un million d'années depuis l'arrivée des premiers hommes en Provence.


L'entrée du musée (Photo Nadine)


Au rez-de-chausée du musée, un espace de 200 à 300 m2 permet de présenter au public des expositions temporaires. Des thèmes variés y sont traités, directement liés à la préhistoire ou aux sciences utilisées en archéologie.
L'exposition permanente située à l'étage du musée retrace un million d'années d'histoire de l'homme en Provence. A cet effet, des panneaux didactiques, des vitrines, des films, des consoles interactives, des reconstitutions en 3 dimensions, ont pour but de faire revivre les hommes qui ont occupé ce territoire depuis les premiers Homo erectus jusqu'à la conquête romaine au premier siècle avant Jésus-Christ.
Depuis 1992, la commune de Quinson et le Centre Européen de Recherche Préhistorique des Pays du Verdon, organisent en juillet les journées de la Préhistoire de Quinson. Le but de ces journées est de faire découvrir au plus grand nombre, les techniques des hommes préhistoriques, de rencontrer des scientifiques et de faire visiter la grotte de la Baume Bonne. Cette manifestation gratuite connaît depuis sa mise en place un succès important.
Pour en savoir plus sur le musée :
http://museeprehistoire.com/


Mâchoire de mégalodon (Photo Nadine)


Crâne de Tyrannosaurus rex (Photo Nadine)



Par Nadine de Trans en Provence - Publié dans : Châteaux, Musées, Monuments - Communauté : Conservatoires
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Jeudi 19 février 2009 4 19 /02 /2009 00:00




Situé non loin de Forcalquier dans les Alpes-de-Haute-Provence, en bordure nord de la plaine de Mane, le prieuré de Salagon est classé monument historique. Il constitue l’un des complexes monumentaux du Moyen Age les plus remarquables de Haute Provence. Acquis par le Département des Alpes-de-Haute-Provence et restauré avec le concours de la commune, du Conseil régional et du Ministère de la Culture, il abrite depuis 1981 le Conservatoire du patrimoine ethnologique de Haute-Provence, créé à l’initiative du mouvement "Alpes de Lumière".
Le monument historique, les jardins ethno-botaniques qui l’entourent, le conservatoire et le musée sont désormais gérés par le Conseil général.


Ce qui fait la réputation de ce lieu unique, ce sont les six jardins créés par Pierre Lieutaghi qui se décomposent ainsi :

  - Le jardin médiéval avec plus de 300 végétaux.

- Le potager verger qui récapitule les végétaux consommés au Moyen Age.

- Le jardin des simples si utile à parcourir pour redécouvrir ces plantes médicinales que nous avons trop souvent tendance à oublier.

- Le jardin des senteurs dédié à l'aromathérapie.

- Le jardin des temps modernes nous montre l'importance des végétaux dans la production industrielle actuelle.

- Le jardin de la chênaie blanche nous invite à un voyage au coeur

du paysage végétal de Haute-Provence.

 


Des fouilles archéologiques conduites à l'intérieur du monument ont révélé une continuité étonnante de l'occupation de ce lieu, de l'époque gallo-romaine à nos jours, avec christianisation du site dès la période de l'Antiquité tardive. A l'origine, Salagon était une ferme gallo-romaine qui fut transformée vers la fin du XIe ou au tout début du XIIe siècle en un  prieuré bénédictin. Ce sont en effet les bénédictins de l'abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon qui prirent possession du domaine, ainsi que des riches terroirs qui l'entouraient. Les revenus furent en partie investis dans la reconstruction du prieuré.

 


De ce prieuré médiéval, subsistent essentiellement l'église qui date du XIIe siècle, le logis prieural construit entre le XIIIe et le XVe siècle et des dépendances à usage agricole, l'ensemble s'organisant, vers l'est et le sud, autour de deux cours "caladées" - cours du logis et basse-cour - fermées par de hautes murailles. Reconstruite dans le dernier quart du XIIe siècle à partir d'une église du XIe siècle, l'église comporte deux nefs, où l'on peut voir un chapiteau figurant le baptême du Christ. A l'extérieur, on admirera le portail occidental à triple voussure et les panneaux finement décorés qui soulignent les impostes de son archivolte. Le logis attenant au sud de l'église est une belle construction gothique de la fin du XVe siècle qui se superpose à une vaste salle voûtée et à une tour romane du XIIIe siècle et qui comporte en particulier, à l'étage noble, une série de quatre salles en enfilade, desservies à l'est par une tourelle d'escalier en vis et des coursives et éclairées à l'ouest et au sud par de remarquables baies à traverses ou à meneaux et croisillons.


Au XVe siècle, le prieuré, donné en commande, échappa progressivement aux bénédictins ; il sera vendu comme bien national à la Révolution. Au XVIIIe siècle, il est rattaché au couvent des frères Minimes de Mane. Un temps réhabilité au milieu du XIXe siècle, l'ancien prieuré servira par la suite d'exploitation agricole... jusqu'en 1981, date où il passe à la collectivité publique qui entreprend sa restauration. Celle-ci a duré plus de quinze ans et s'est achevée en 1998 par la pose de vitraux contemporains monochromes de couleur pourpre créés par l'artiste Aurélie Nemours.


Je tiens à préciser que les photos ne sont pas de moi, je les ai trouvées sur internet. Je suis allée à Salagon il y a bien longtemps avec l'association de langue provençale dont je faisais partie qui est l'Escolo dei Moulin de Trans en Provence, mais je ne faisais pas encore le blog à l'époque...
Pour en savoir plus : http://musee-de-salagon.com/

Par Nadine - Publié dans : Châteaux, Musées, Monuments - Communauté : Communauté de Provence
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Lundi 12 janvier 2009 1 12 /01 /2009 00:00



Le momument à la mémoire du Dixmude (Photo internet)

A la sortie du village du Pierrefeu du Var, il y a un étrange monument ; une aile de granit rose de 14 mètres de haut qui s'élève vers le ciel. C'est le monument dédié au dirigeable Dixmude.

Pendant la Première Guerre Mondiale, qui a inauguré la guerre aérienne, les ballons dirigeables ont montré leur efficacité pour les bombardements, la reconnaissance navale ou terrestre et l'escorte des convois. Ce sont le forces allemandes qui ont fabriqué les engins les plus performants sous le nom de Zeppelin, du nom de leur concepteur. Le principe était de tendre une enveloppe emplie d'hydrogène sur une structure en alliage lèger.
Dans l'histoire de ces Zeppelin, dont le premier vol eut lieu en 1900, notons le bombardement aérien de Paris, en 1916, la première traversée commerciale de l'Atlantique, en 1928, et l'incendie du Hindemburg, qui fera 35 victimes à New-York, en 1937, et qui scellera la fin de la saga des dirigeables et de leur défaut principal : être gonflés de gaz inflammable.


Base de Cuers-Pierrefeu

Au début des années 20, dans le cadre des dommages de guerre, l'Allemagne vaincue en 1918, doit fournir à la France, deux de ses énormes dirigeables, dont le L72. Après un voyage de Friedrichshafen à Maubeuge, le lieutenant de vaisseau Jean du Plessis de Grenédan en prend le commandement avec un équipage de marins français. Le 12 août 1920, le dirigeable se pose à la base de Cuers-Pierrefeu où l'on vient d'achever la construction d'immenses hangars. Je précise que la Marine nationale utilise toujours de nos jours l'aérodrome. Le dirigeable est long de 266 mètres et a un diamètre de 24 mètres. Il est équipé de 6 moteurs de 260 CH, sa vitesse de croisière est de 77 km/h et sa vitesse maximale est de 110 km/h. Il contient près de 70 000 m3 d'hydrogène.
Le L72 est baptisé Dixmude en souvenir des fusiliers marins français et belges qui héroïquement ralentirent l'avance des allemands en octobre 1914 à Dixmude, ville des Flandres Belges. De 1920 à 1922, de multiples modifications sont entreprises sur le dirigeable. A partir de 1923, le Dixmude effectue de nombreuses sorties (320 heures de vol environ) dont celle dans le sud saharien où il bat le record du monde de vol sans escale : 9 000 kilomètres en 118 heures.


Le Dixmude survolant la Corse le 17 décembre 1923

Sa dernière mission est d'étudier les conditions de navigation aérienne, de jour et de nuit en région désertique. Le 20 décembre 1923, une tempête le contraint à se dérouter. Le 21 décembre, désamparé et touché par la foudre, il explose en vol au large de la Sicile. Seul le corps de son commandant, le lieutenant de vaisseau Jean du Plessis de Grenédan est ramené par des pêcheurs italiens quelques jours plus tard. Sa dépouille est rapatriée par le croiseur Strasbourg. Au total, ce sont cinquante hommes, équipage et passagers qui ont péri dans cette catastrophe.


La municipalité de Pierrefeu ouvre alors une souscription nationale pour ériger un monument à la mémoire collective et au patrimoine historique.
Il est inauguré le 22 mai 1927, par Monsieur le président Georges Leygues,
ministre de la marine.

Sources : D'après le livre "Côte d'Azur insolite et secrète"- Jean-Pierre Cassely - Editions Jonglez et le site internet Aerosteles-hydoretro.net - article sur le Dixmude.



Par Nadine - Publié dans : Châteaux, Musées, Monuments - Communauté : Passion Histoire
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Mardi 4 novembre 2008 2 04 /11 /2008 00:00



Vue d'ensemble du petit musée (Photo Var-Matin)

Il y a quelques temps j'ai lu dans le journal Var-Matin que
la "Maison de l'Histoire des Arcs-sur-Argens" avait retenu l'attention de la presse étangère. En effet, un article élogieux la concernant figurait dans les colonnes du numéro 74 de la version anglaise du "Riviera Times". Celui-ci soulignait la qualité et l'originalité de la reconstitution de l'histoire du village que l'on peut y voir, et se réjouissait qu'elle ait su retenir l'attention d'un public international.

Ni la municipalité des Arcs ni l'association "Les Amis du Parage", même dans leurs prévisions les plus optimistes n'auraient imaginé que ce petit musée puisse susciter autant d'enthousiasme. Pourtant, 2500 visites ont déjà été enregistrées depuis janvier 2007 date d'ouverture du musée. Pendant l'été notamment, il reçoit beaucoup de touristes : Allemands, Néerlandais, Anglais, etc... Je suis sûre que de nombreux arcois n'y ont jamais mis les pieds (cette remarque n'engage que moi bien entendu).



Panneau explicatif sur la naissance du village des Arcs (Photo Nadine)

La Maison de l'Histoire des Arcs s'est depuis quelques mois enrichie d'une belle armure (elle est près de la porte d'entrée mais je ne l'ai pas prise en photo). Elle  vient s'ajouter à une mise en scène originale et réaliste d'événements historiques sur deux niveaux :
le Moyen-Âge au rez-de-chaussée et la Révolution à l'étage. 

Sont également présentés dans des vitrines divers objet et documents d'archives concernant ces périodes, avec de nombreux panneaux explicatif. J'ai été édifiée notamment par la présentation de divers instruments de torture retrouvés si mes souvenirs sont bons, dans le donjon du château (je compte faire un article sur le sujet).
A noter que la Maison de l'Histoire est ouverte cinq jours sur sept. Se renseigner à l'Office de tourisme pour les horaires. Je vous conseille d'aller visiter ce petit musée où je me suis rendue au mois d'août. Il ne paie pas de mine mais il est très intéressant. Il gagnerait à être agrandi si les murs pouvaient être poussés ou s'il pouvait être déplacé dans un local plus grand... Enfin, c'est mon opinion.
Nota : Un article va suivre dans quelques jours sur les instruments de torture exposés dans ce musée. C'est impressionnant et barbare, âmes sensibles s'abstenir (mais venez tout de même par curiosité)...

Source : D'après un article paru dans le journal Var-Matin et arrangé par moi-même.



Cérémonie d'adoubement d'un chevalier
par le grand maître des hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem
(Photo Nadine)


Par Nadine - Publié dans : Châteaux, Musées, Monuments - Communauté : Provence Passion
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Dimanche 19 octobre 2008 7 19 /10 /2008 12:10


Photos et diaporama de Nadine

L'an dernier, nous étions allés faire une petite visite à la pagode de Fréjus après être allés au restaurant en famille. J'ai ressorti mes photos pour vous faire découvrir ce joli endroit où on a l'impression d'être ailleurs. On est au calme, au milieu des fleurs, on entend les oiseaux et c'est très coloré. Je vous laisse apprécier...


La pagode a été édifiée en 1917, dans les limites du camp militaire Gallieni à Fréjus par des militaires vietnamiens, venus en France combattre aux côtés des Français pendant la Première Guerre mondiale. Elle a été construite conformément à l’architecture traditionnelle du Vietnam, sous l’égide du Vénérable Tich Thanh Vuc, aumônier bouddhique. Elle est appelée Hông Hiên Tu (pagode de la fière race Hông Lac).

La pagode fut à l’abandon et pratiquement sans entretien durant les années qui ont vu les possessions françaises en Extrême-Orient et en Afrique accéder à l’indépendance. Le camp militaire Gallieni était vide de ses troupes coloniales, désormais remaniées et transplantées dans d’autres régions de France, la petite pagode tombait en ruine, faute d’entretien, et menaçait de s’effondrer si une restauration n'était pas entreprise rapidement.

Puis d’autres Vietnamiens sont arrivés en France en 1954, à la suite du repli des troupes françaises de l’Indochine. Parmi eux, ceux qui se sont fixés à Fréjus voulurent reprendre le culte bouddhique à l’endroit où leurs devanciers ont laissé une œuvre admirable. Une association bouddhique fut donc constituée le 9 novembre 1967. Avec peu de moyens mais beaucoup de ferveur et d’acharnement, et avec le soutien des bouddhistes des autres régions de France, la rénovation de la pagode fut menée à bien en 1972. Il était temps !

Agrandie afin de pouvoir accueillir un plus grand nombre de fidèles, embellie et aménagée pour recevoir l’installation d’un grand et imposant autel, elle prend maintenant l’allure d’une grande pagode qui cadre mieux avec le paysage majestueux, englobant un monticule dominant le carrefour de deux axes routiers très fréquentés.
Comme le terrain de la pagode est assez grand pour recevoir des constructions annexes qui pourront à l’avenir former avec la pagode principale un centre bouddhique important, un nouveau pas a été franchi, avec l’édification, achevée le 13 août 1978, d’un bâtiment de culte, également à usage de réunion, d’accueil et de bibliothèque.
Devant les brillants résultats obtenus, l’effort s’est poursuivi sans relâche pour aboutir, en 1979, à l’acquisition du terrain de 6100 m2 de la pagode. D’autres réalisations suivirent en 1988 avec la Tour An Lac (Tour de la Tranquillité Éternelle), destinée aux cendres des fidèles disparus, et en 1997, le Temple des Divinités.
Tant de choses de grande valeur ont été réalisées par un groupement modeste de quelques centaines d’adeptes. Il convient de souligner le dynamisme du Patriarche, président de l’association, et le dévouement inébranlable des membres du conseil de direction ainsi que les contributions sans faille des bouddhistes des Alpes-Maritimes, du Var et d'autres régions.


En 1979, la pagode est dotée d’une statue en bronze de deux mètres, fondue à Bangkok en Thaïlande, du Bouddha Ckya-Mouni parvenu à l’illumination (second site de la vie du Bouddha). Peu de temps après, un Vénérable de la pagode a sculpté le Bouddha entré au Nirvana en position couchée de neuf mètres de long (quatrième site). Le même Vénérable artiste a terminé un troisième site representant Bouddha donnant sa première prédication à cinq disciples. Le premier site - Naissance du Bouddha - a été achevé voici deux ans.

On ne saurait oublier de relater que la pagode, à l’origine modeste, a pu obtenir, par la grâce de Bouddha, une relique de Ckya-Mouni et un coffret de Terre Sainte, offerts par une pagode de la région de Saigon-Cholon dans le Sud-Vietnam. Son grand autel est enrichi d’une très belle statue de Bodhisattva en marbre, offerte par une fervente bouddhiste chinoise de Singapour.
Son action, à prédominance cultuelle, reste circonscrite au milieu vietnamien afin de maintenir la foi bouddhique même s’il se trouve éloigné du pays d’origine. Aux premières années de fonctionnement de l’association, son rayonnement touchait les Alpes Maritimes, le Var, les Bouches-du-Rhône, la région parisienne, le Lot-et-Garonne, sans compter les relations avec les adeptes résidant dans les pays limitrophes de la France.



Depuis 1975, plusieurs régions ayant leurs propres pagodes, la pagode de Fréjus ne réunit que des bouddhistes des deux départements des Alpes-Maritimes et du Var à l’occasion des quatre ou cinq fêtes bouddhiques les plus importantes au cours de l’année.
Depuis 1984, la pagode de Fréjus figure parmi les membres fondateurs de l’Ordre Bouddhique Vietnamien mondial, dont le chef suprême est également son président. L’Ordre Bouddhique Vietnamien mondial, qui rassemble 40 pagodes implantées sur quatre continents, a son siège à Montréal au Canada. De sa nouvelle position, la pagode de Fréjus sort de son isolement local pour participer à l’expansion du bouddhisme dans le monde.

Parallèlement aux activités cultuelles, la pagode continuera une action soutenue dans l’objectif de raffermir la culture et les traditions vietnamiennes chez les jeunes générations. En fonction des moyens mis à sa disposition, elle s’efforcera, comme par le passé, de se donner d’autres atouts, permettant à la communauté bouddhiste de regarder l’avenir avec sérénité.

En dehors de son caractère religieux, la pagode de Fréjus présente un intérêt touristique très apprécié. Elle constitue l’un des pôles d’attraction majeurs de Fréjus, qui possède dans sa région des édifices et vestiges témoins de plusieurs civilisations très différentes. Elle est de ce fait très connue dans la région et figure dans les guides touristiques sous le nom de pagode Gallieni.


Source : Texte de Bernard Fuch dans "Fréjus, ville d’art et d’histoire" (œuvre collective - 2004).


Par Nadine - Publié dans : Châteaux, Musées, Monuments - Communauté : Méditerranées
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Lundi 22 septembre 2008 1 22 /09 /2008 00:00

 


(Photo Nadine)

Créé en 1985, le Musée des Arts et Traditions Populaires de Draguignan rassemble d'importantes collections d'ethnographie régionale. Le musée invite à découvrir les activités de la Dracénie et de la Provence Varoise : oléiculture, viticulture, transhumance, chasse, fêtes, etc... Installé dans les vieux quartiers de Draguignan, à proximité d'un ancien moulin à huile, ce musée jouit d'une grande renommée. Sur 1 000 m2, son parcours de visite montre des objets de la société varoise traditionnelle. Sa galerie des machines revient sur les débuts de la mécanisation de l'agriculture en Provence. Issues des recherches menées par l'équipe du musée, des expositions temporaires présentent régulièrement des thèmes mettant en exergue un aspect du patrimoine culturel provençal d'hier et d'aujourd'hui (sériciculture, poterie, transhumance, pierre sèche, etc...).
L'ensemble des bâtiments appartenait autrefois à la Congrégation religieuse de la Miséricorde du Bon Pasteur. Celle-ci avait acheté en 1818, des maisons des XVIIe et XVIIIs siècles, ainsi que l'hôtel particulier de la famille de La Motte pour y installer un noviciat, un pensionnat de jeunes filles et diverses oeuvres. La chapelle du Musée accueille régulièrement des événements culturels. Ses jardins, où l'on peut admirer un imposant olivier, complètent la visite.
Une médiathèque abrite plus de 2000 ouvrages spécialisés dans l'ehtnologie régionale et nationale, les techniques, l'artisanat, l'agriculture, l'outillage, etc... Le musée conserve également la totalité de l'ancien fonds bibliographique de la Société d'Agriculture du var, plusieurs centaines de références apportant un éclairage précis sur l'évolution de l'activité agricole et pastorale dans le département. Son pôle image conserve plus de 30 000 images constituant une véritable mémoire photographique du Var. Le musée organise des conférences, des rencontres, des ateliers pédagogiques et des sorties sur le terrain. Une boutique propose aux visiteurs des produits régionaux, les livres sur la Provence, de la poterie de Salernes et Villecroze et des foulards au motifs provençaux...

Source : Catalogue de l'exposition Vaincre les saisons - conservation traditionnelle des aliments en Provence


Différentes poteries (Photo Nadine)

Un lifting. C'est l'oeuvre entreprise actuellement et pour plusieurs mois, voire des années, au musée des Arts et Traditions Populaires de Draguignan afin de rajeunir la présentation des objets et de l'adapter aux critères de la muséologie contemporaine.



Moulin à huile (Photo Nadine)

Un très important travail de récolement (un récolement est une opération de contrôle au sein de la collection d'un musée ou une opération de contrôle de la présence de documents dans un local d'archives, dans une bibliothèque ou dans un centre de documentation)est actuellement en cours, sous la direction de la responsable, Alexandra Allione avec la collaboration d'Elodie Combe, médiatrice culturelle. Cela consiste en un inventaire des 16 000 pièces présentes dans le musée dont 3 500 en vitrine, afin de vérifier leur état, tout en les comparant au catalogue existant.

Depuis 2006, le récolement est obligatoire pour de tels musées, à effectuer tous les dix ans. Plus tard, les vitrines et les présentations seront repensées afin d'offrir au visiteur une exposition plus claire, plus didactique et plus moderne des superbes collections qui enrichissent le musée depuis des années (Note de Nadine : ce musée est incontournable. Parfois quand j'entends des gens me dirent qu'ils n'y sont jamais allés alors qu'ils habitent tout près, cela me hérisse. Ils ne savent pas ce qu'ils manquent : ce musée est le lieu de conservation de notre patrimoine ethnologique, culturel, religieux, etc... un lieu de mémoire, c'est l'un des plus beaux musées de France. Lorsque je travaillais, je m'y rendais régulièrement car il y a une bibliothèque très riche et j'en profitais pour admirer les collections même si je les avais déjà vues de nombreuses fois. Quand on est dans ce musée on a l'impression d'être ailleurs, de remonter le temps. Un conseil : allez-y, cela vous sortira de votre quotidien).

Ce magnifique musée a vu le jour à l'initiative principale d'Yves Fattori, désormais président de l'association de sauvegarde des Arts et Traditions Populaires (ATP).
Cette véritable institution dracénoise et provençale accueille jusqu'à 1 500 visiteurs par mois, durant l'été. Depuis 2006, cet établissement classé "Musée de France", dépend de la Communauté d'agglomération dracénoise (CAD) et les collections ont elles-mêmes été transférées à la CAD en 2007.

Ces collections proviennent en grande partie de dons de particuliers, de toute la région, mais le musée achète parfois des pièces.


La cuisine provençale reconstituée (Photo Nadine)

"Nos projets vont notamment consister à faire porter nos efforts sur la conservation préventive", précise Alexandra Allione qui résume : "Il y a encore de l'artisanat et de la vie sur notre territoire, mais on doit faire des liens avec le présent". Pour Élodie Combe : "Il s'agit d'arriver à faire vivre les collections, en se reliant à la Dracénie d'aujourd'hui".

Vaste et ambitieux programme pour une valorisation des collections qui devrait redonner une nouvelle jeunesse au musée.

Il reste que celui-ci propose aux visiteurs et aux chercheurs une somme incroyable de documents et d'objets, de l'antique rouleau à dépiquer le blé, à l'alambic qui servait à faire de l'alcool à partir du marc de raisin, en passant par les céramiques de Moustiers, les tomettes de Salernes, la cordonnerie, les boules cloutées (les hommes tournaient, les femmes cloutaient), les chevaux fous enfourchés par les enfants lors des fêtes de village, la verrerie, etc... Vous y verrez un moulin à huile reconstitué, un atelier de bouchonnerie (collection Pontet de Trans), une magnanerie, une cuisine provençale, etc...



Ne ratez surtout pas non plus l'exposition temporaire, qui est visible
jusqu'au 31 décembre 2008, sur le thème "Vaincre les saisons".
On y découvre, des anciens à nos jours, les méthodes de conservation des aliments. 
"Les gens passaient l'été à préparer l'hiver" raconte Élodie Combe.



L'exposition, qui évoque les habitudes alimentaires actuelles avec les caddies de supermarché et les produits jetables (sacs en plastique...), pointe aussi les coutumes de conservation de nos ancêtres qui vivaient de leurs productions, dont ces oeufs conservés pendant 6 mois dans de l'eau de chaux et, bien évidemment, la découverte de la stérilisation et de la mise en boîtes de conserves, sans oublier les salaisons de viandes et de poissons.
Pour finir avec les frigos et les chambres froides, réservées, voici un siècle, aux commerçants (bouchers, bistrotiers, etc...).

L'exposition fait la part belle aux ressources d'alors, basées essentiellement sur la chasse (on mangeait rouges-gorges, champignons, escargots et fleurs sauvages).

Plus loin, la visite se poursuit avec l'atelier du ver à soie, nourri des feuilles du mûrier. Les dernières magnaneries datent des années cinquante.

Enfin, sachez qu'en 2009, le photographe dracénois Joël Levillain (Note : qui travaille aux Archives départementales et que je connais) va présenter une exposition sur le thème "Tout près, très loin", avec des clichés minimalistes et maximalistes.
Vu de près, vu de loin.
Le musée des ATP est en tout cas à visiter de très près.
Il est une vitrine sur notre passé.

Source : D'après un article paru dans le journal Var-Matin et arrangé par moi-même.

Pour en savoir plus sur le musée, cliquez

ICI


Photos et diaporama de Nadine 


Chambre provençale (Photo Nadine)

Je remercie Alexandra Allione de m'avoir autorisée à prendre des photos et à les diffuser.

 

Par Nadine - Publié dans : Châteaux, Musées, Monuments - Communauté : Provence Passion
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Lundi 15 septembre 2008 1 15 /09 /2008 00:00

 

 
Photos et diaporama de Nadine


La découverte d'Entrecasteaux est un rare plaisir. Il faut longer des carrières d'argile rouge qui se transforment peu à peu en un vallon ombragé, descente rythmée par le clapotis de la rivière, pour finalement déboucher sur un village provençal typique, agrémenté de vestiges du XIe siècle. Le bourg est surplombé par un imposant château datant des XVIe et XVIIe siècle et de son jardin à la française du XVIIIe siècle dessiné par Le Nôtre, qui tranche singulièrement avec la végétation environnante. Chapelles, mais aussi ponts, fontaines et lavoirs témoignent également d'un riche passé.


Vue sur le village et le château (Photo Nadine)

Dès la reconquête de la Provence sur les Sarrasins (voir mon article sur l'Histoire des Sarrasins en Provence CLIC), les premiers seigneurs réoccupant les lieux eurent pour souci évident d'établir des points forts sur leurs nouvelles terres. Ainsi nacquirent les premiers donjons et les premières tours de guet que l'on trouve en Provence, comme ailleurs sur le littoral espagnol ou italien.
Au XIe siècle, les premiers membres de l'illustre famille de Castellane (Boniface 1er cité en 1089) s'installent dans la région. C'est sans doute eux qui élevèrent la première demeure seigneuriale, qui avait plus une allure de fortin que de château, tout en agrandissant leur territoire. Les derniers achats connus sont ceux traités avec Raymond Malssane en 1275, Thomasse de Gantelmin en 1350, Marthe Tarnèse en 1400.
La commanderie de Salgues sera depuis le XIe siècle co-seigneur sur le territoire de Saint-Antonin, proche d'Entrecasteaux.
Les Castellane prirent les noms et titres d'Adhémar de Monteil, comtes de Grignan. En effet, Gaspard de Castellane avait épousé le 6 janvier 1498 Blanche Adhémar de Monteil et, dès lors, cette famille habita à demeure à Entrecasteaux qui devint un château. Plusieurs fois remanié, celui-ci, partiellement incendié en 1600 fut remis en état par le fastueux François de Castellane Adhémar de Monteil d'Ornano, comte de Grignan, marquis d'Entrecasteaux.
Bien que le château fut une petit chose pour ce représentant en Provence du Roi Louis XIV (il en était gouverneur de fait), il dépensait des sommes importantes pour lui donner l'aspect général que nous lui connaissons. Au désespoir de sa belle-mère, la marquise de Sévigné, affolée toute sa vie par le train de vie ruineux de son gendre. François, accablé de dettes, devra d'ailleurs vendre son château et son marquisat à la famille Bruny.
Si les Grignan ne venaient au château que pour y prendre l'air, les Bruny comme les Castellane précédemment, y vivront plus habituellement et ce, jusqu'à la Révolution.
A cette époque, il appartenait alors à Jean Paul Bruno, conseiller au Parlement et président à mortier, condamné à mort à Orange le 20 juin 1794 et exécuté trois heures après.
Le château devint bien national et aurait dû être abattu comme témoin gênant d'un passé révolu. C'était le voeu de "La Société des Anti-politiques et Républicains" d'Entrecasteaux, une de ces sociétés qui fleurirent un temps dans tous nos villages et qui sans pouvoir réel tentaient d'influencer les élus de la République. Ce fut semble-t-il le curé Dauphin, que les révolutionnaires avaient obligé à se marier, qui réussit à convaincre le conseil de la communauté de n'en rien faire.
Ce qui permit, le 21 pairial an III de la République, à la citoyenne Dorothée Thérèse Marguerite Félicité Bruny, assitée du citoyen Jean Jacques Bernard Montmege son mari, et aux deux soeur Marie Félicité Pulchérie et Elisabeth Angélique Bruny de présenter une requête aux citoyens administrateurs du district de Barjols.
Dorothée était la fille de Jean-Paul Bruny, guillotiné, et Marie et Elisabeth étaient ses petites-filles. "Elles exposent que par la loi du 21 thermidor dernier, à son article 18, il est ordonné que les biens, meubles et immeubles qui avaient été frappés de la confiscation, seraient rendus libres et remis aux héritiers des condamnés depuis l'époque du 10 mars 1793. En exécution de cette loi, les exposantes demandent que les biens, meubles, immeubles, effets et capitaux situés dans la commune d'Entrecasteaux leurs soient livrés libres et en toute propriété".
Et de ce fait, le 25 messidor an III, le Directoire du département ordonna au receveur des droits d'enregistrement "le lever tous séquestres et scellés sur les biens du dit Brunycomme aussi de rembourser aux héritiers le prix des meubles et immeubles qui auront pû être vendus".
Le château revint donc aux héritiers des Bruny dès l'an III (1794) puis il passa aux de Lubac, de Vachères par mariage avec l'héritière Marie Félicité Pulchérie de Bruny (fille de Jean-Baptiste, marquis d'Entrecasteaux, né en 1761
qui assassina sa femme en 1784, voir à ce propos mon article intitulé :
Le crime du marquis d'Entrecasteaux CLIC).
Depuis, le château resta aux de Lubac, alliés par mariage aux d'Omaison, jusqu'à ce que Pierre de Lubac et Yvonne de Lubac veuve de M. d'Omaison, le vendent en 1949 à la commune d'Entrecasteaux dont le maire était alors Monsieur Albert Giraud.
A ce moment là, le château est encore plein de meubles et de tableaux avec une très belle bibliothèque et toutes ses archives. Il n'en restera rien en 1974 lorsque le peintre d'origine écossaise Ian Mac Garvie Munn le rachète et le sauve de la ruine.


Le château vu des jardins (Photo Nadine)

Note de Nadine : Imaginez que ce château fut vidé, pillé de tout ce qu'il contenait dès qu'il passa dans les biens de la commune. Tout le monde s'est servi. On ne parlait pas encore alors de préservation du patrimoine. Imaginez que les gens ont passé les meubles, les tableaux, les tentures, les lustres, les livres, les papiers... par les fenêtres. La bibliothèque contenait quelques 3000 livres.
Ils ont tout pris, emporté chez eux, vendu. Il ne restait rien dans le château, pas même les portes ou les fenêtres. Seules les cheminées ont résisté à ce pillage, à ce saccage aveugle. Je trouve cela extrêmement dommage et lamentable car le château avait résisté à la Révolution et c'est à notre époque qu'il a été dévasté.
A la suite de Ian Mac Gavie Munn qui mourut brutalement, ce fut son fils qui prit le château en mains. Mais il ne sut pas gérer ce si lourd patrimoine et il dut le revendre.
Si vous vous rendez à Entrecasteaux, ne manquez pas de faire la visite du château. C'est l'actuel propriétaire, Alain Gayral qui vous servira de guide. Vous serez sans doute emballés comme moi par la passion et l'énergie qui se dégagent de ce personnage. Il s'occupe pratiquement tout seul de la réfection et de l'entretien de cette bâtisse immense. Il saura vous captiver en vous racontant l'histoire du château, de l'Amiral Antoine de Bruny d'Entrecasteaux qui partit à la recherche de La Pérouse dans le Pacifique sud (voir mon article à ce sujet ICI), et de bien d'autres choses encore...
Son prochain projet... rénover le pont-levis.


Statue de l'Amiral Antoine Bruny d'Entrecasteaux (Photo Nadine)

Pour en savoir plus sur le château, consultez le site officiel :
http://www.chateau-entrecasteaux.com/fr/
et cliquez sur les photos-vignettes pour le découvrir.

Sources : Histoire d'Entrecasteaux et de Saint Antonin - Jacques Seillé - 1986 -
et d'après le guide Bienvenue en Provence - Edition 2006.

Par Nadine - Publié dans : Châteaux, Musées, Monuments - Communauté : Provence Passion
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