Costume provençal

Lundi 12 octobre 2009 1 12 /10 /2009 00:00



Si la Provence évoque les champs d'oliviers, de lavande et de tournesols, elle est aussi le pays des boutis, ces magnifiques travaux d'aiguille dont la tradition se perpétue depuis le Moyen Age. Au fil des siècles, les femmes ont porté à la perfection cet art du décor en relief, brodant les courtepointes, les jupons et le linge de maison de savants motifs de guirlandes, de pampres, de ramagés et de fleurs, inspirés des couleurs et des paysages de la région. Tout a commencé avec le matelassage, technique connue dès l'antiquité sur tous les continents mais l'ancêtre du boutis proprement dit serait arrivé en France par la Méditerranée en provenance de la Sicile.


Avec l'ouverture des voies maritimes vers l'Inde, l'Europe découvre d'innombrables richesses. Louis XIV grâce à Colbert crée la Compagnie des Indes puis la Compagnie du Levant. On voit arriver en France de plus en plus d'étoffes aux dessins magnifiques. La région de Marseille dont le port reçoit ces étoffes sublimes va se lancer dans l'impression de toiles indiennes brutes. Ces toiles imprimées en France auront un succès immédiat. Les femmes seront séduites par les prix peu élevés, la facilité d'entretien et les couleurs. Mais devant le succès de ces étoffes les marchands drapiers et les soyeux font pression sur le Roi qui réglementera la fabrication et l'usage de ces toiles imprimées ou peintes. Heureusement le roi maintiendra l'autorisation d'introduire des toiles blanches pour les piquer et cette activité de piquage va sauver les emplois de l'époque. Ainsi vont se développer les techniques typiquement provençales du piqué et des broderies qui utilisent le relief.
Chaque jeune fille avait dans son trousseau des objets en boutis : vannes, jupons, dans les milieux populaires elles cousaient le soir après la journée de travail et chacune en quelque sorte y racontait un peu sa vie, ses souhait grâce à la symbolique des motifs choisis.



Il faut préciser que le boutis est souvent confondu à tort avec le piqué de Marseille qui aujourd'hui est une technique qui a pu être industrialisée contrairement au boutis provençal qui reste un art avec des objets originaux et vraiment personnels.
Dans le commerce on trouve en effet souvent des objets vendus sous le nom de boutis qui sont en réalité du piqué marseillais, c'est ainsi que la signification du mot se perd et peu de personnes savent en définitive ce qu'est réellement le boutis.
Qu'elle est la différence entre le boutis et le piqué marseillais ?
Pour faire du piqué marseillais, il faut une épaisseur de tissu, une épaisseur de molleton et une autre épaisseur de tissu. Ces trois épaisseurs sont cousues ensembles.
Pour faire un boutis, il faut reporter un dessin sur un morceau de tissu, le coudre avec un autre morceau de tissu et ensuite on remplit tous les espaces avec du coton.
C'est cela qui va créer le relief de l'ouvrage.

Frédéric Mistral, grand poète provençal disait du boutis :


D'autres piquant la fine toile,
Font le boutis, ouvrage divin
Qui ressemble à un pré, dont le givre
Broda de blanc les feuilles et les pousses.



L'origine du mot boutis est un sujet de controverse


  • D'après "Lou tresor dóu Felibrige" de Fréderic Mistral, "Boutis" viendrait de l'italien "imbottito" (rembouré, rempli) et remonterait au temps où Marseille était un port franc qui recrutait des brodeuses venant de Sicile.
  • Pour d'autres, le boutis semble tirer son nom de l'ancienne aiguille de buis qui permettait d'accomplir ce travail délicat.
  • D'autres encore voit l'origine de boutis dans le provençal "boutiholo" qui signifie "bulle, vésicule".
  • Quand aux dictionnaires, pour eux le boutis ou bouttis reste surtout un lieu fouillé (bouté) par les sangliers...


    N'oubliez pas d'aller visiter le blog d'Artaban, il a besoin d'être encouragé :
    http://artaban630.over-blog.fr/
    Merci pour lui...
Par Nadine de Trans en Provence - Publié dans : Costume provençal - Communauté : Traditions et maintenance
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Jeudi 23 juillet 2009 4 23 /07 /2009 00:00



Costume de Provence (Carte postale - collection personnelle de Nadine)

"Coutilhounet dessus lis anco

Couifado à se mettre à ginoun

Voudrias, sur sa capello blanco

Vous pausa commo un parpaioun".

"Petit cotillon dessus les hanches
Coiffée à se mettre à genoux
Vous voudriez, sur sa chapelle blanche
Vous poser comme un papillon".





Par Nadine de Trans en Provence - Publié dans : Costume provençal - Communauté : Traditions et maintenance
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Mercredi 10 juin 2009 3 10 /06 /2009 00:00

 


Le chapeau à la berigoulo est une pièce du costume provençal.

Au sens premier, c’est le nom de plusieurs espèces de champignons comestibles.

Le chapeau à larges bords (capèu à la berigoulo) dont la forme rappelle
celle d’un champignon porte donc aussi ce nom.
De paille en été et en feutre en hiver, il est parfois orné de galons ou de
résilles d’or, il se porte sur la coiffe de lingerie.
On le porta dans toute la Provence à la fin du XVIIIème siècle et au début du XIXème.

Si vous voulez voir le blog de Garibondy sur le costume provençal :
http://garibondy.over-blog.com/




 

Par Nadine - Publié dans : Costume provençal - Communauté : Traditions et maintenance
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Samedi 30 mai 2009 6 30 /05 /2009 10:00



Dans la culture provençale, le costume dit "du pays d’Arles" conserve encore de nos jours une place importante. Devenu festif et magnifique dans sa forme et ses couleurs, il est une adaptation actuelle des costumes portés quotidiennement par les femmes de l’époque. Le costume de l'Arlésienne évolue en fonction de l'âge de la personne qui le porte. La coiffe est la partie la plus importante. Chaque variante du costume s'identifie à la coiffe proprement dite :

  • le costume "de bonnet" pour les enfants,
  • le costume "en cravate" dit aussi "de Mireille"
  • le costume "en ruban" dit d'Arlésienne, pour la ville,
  • le costume d'Arlésienne à proprement parler,
  • le costume de cérémonie ou "gansé", réservé aux grandes occasions.

Il existe aussi, diverses variantes du costume, comme la Mireille endimanchée par exemple.
On trouve également de nombreux accessoires qui agrémentent les costumes.
Les paysannes portent la capeline pour les travaux des champs.


Le costume "de bonnet"

Ce costume est porté jusqu'à environ huit ans. Il est composé d'éléments simples, il reste facile à porter et laisse à l'enfant sa liberté de mouvements.

Ces éléments sont :
. une jupe courte qui arrive au dessus de la cheville, cette jupe est à motifs colorés,
. un jupon court,
. une chemise en coton blanc,
. un caraco noir à lacet (un caraco est un petit gilet sans manche).

La tête est couverte d'un bonnet appelé béguin, de coton, le plus souvent blanc qui ne nécessite pas de coiffure. Le mot béguin vient du verbe embéguiner, se mettre quelque chose dans la tête ; penchant amoureux passager, passion sans lendemain.


Le costume "en cravate" ou "de Mireille"


Ce costume, autrefois appelé costume de simplicité est aujourd'hui porté de l'âge de huit ans à quinze ans environ. Il représente la jeunesse vive, la joie et la gaieté des chatouno (filles) de notre région. C'est un costume qui s'embellit et devient complexe. Il continue ensuite d'être porté par les jeunes filles et les femmes à la campagne, mais aussi à la ville pour le travail de tous les jours.

Le nom de Mireille est une allusion à l'héroïne de Frédéric Mistral censée avoir porté cette tenue. L'origine de cette appellation est récente, puisqu'elle date des années 1920-1930. C'est alors que se mit en place le folklore provençal tel qu'il est pratiqué aujourd'hui par les divers groupes folkloriques.


La jeune fille est coiffée avec la coiffure à double bandeaux recouverte d'un bonnet de mousseline blanche parfois brodé. La cravate, tissu de coton ou de percale blanc bordé de dentelle, nouée autour de la coiffe en oreilles de lapin, forme ainsi deux jolies banettes ou cornettes.


Le haut est composé d'un corsage qu'on appelle eso, près du corps, en manches longues et toujours en coton noir sur lequel se place un devant d'estomac ou plastron en coton blanc en forme de trapèze et un fichu, pièce de tissu triangulaire, plissé et solidement attaché à l'aide d'épingles sur l'eso. Parfois, ce fichu est posé sur un fichu de dessous.

Dessous, la Mireille (Miréio) porte un pantalon et un jupon court qui font gonfler la jupe et paraître la taille plus fine. La jupe est en coton à motifs colorés, ample à plis froncés ou plis canons, terminant sa course à environ 20 cm du sol. Elle est recouverte d'un tablier uni, assorti à la couleur de la jupe. Des chaussettes de coton blanc tricotées et des ballerines noires toutes simples terminent la tenue.


Pour nous provençaux, Miréio est un poème écrit en provençal par Fréderic Mistral en 1859. Il est le récit des amours malheureuses de Mireille et de Vincent, dans le cadre de la Camargue. Sur un livret de Michel Carré tiré de ce poème, Charles Gounod a composé un opéra en trois actes. Cet amour réciproque de Mireille et Vincent est combattu par Ramon, le père de Mireille et contrarié par le méchant gardian Ourrias qui était épris de la jeune fille.

Le costume "en ruban" dit d'Arlésienne


A quinze ans passés, la jeune fille acquiert le droit de porter le ruban et le costume dit d'Arlésienne. Autrefois, cela signifiait que la jeune fille était en âge de se marier. De nos jours, la traditionnelle prise du ruban officielle a toujours lieu, chaque dernier dimanche de juillet, aux Saintes Maries de la Mer. Ce costume n'est pas porté pour le travail mais seulement à la ville, en grande simplicité. Il s'est rallongé et agrémenté.


Le premier costume d'Arlésienne porté est le costume Virginen, costume de coton à motifs colorés, mais toujours sobre. La coiffure, bâtie selon les mêmes principes que ceux du costume de Mireille est recouverte d'une pièce de tulle brodée. Un ruban de velours bleu marine est de rigueur à la place de la cravate.
La jupe, constituée de panneaux de tissus assemblés (forme ronde à plis), ou biaisée (aucun pli) se terminant par des fronces à l'arrière, frôle le sol et ne laisse voir que le bout de la chaussure, en l'occurence, des escarpins..
Le tablier et le pantalon ont disparu, le jupon est désormais long.
L'eso, toujours en coton noir, est accompagnée de la chapelle, qui comprend quatre éléments : le devant d'estomac ou plastron, la guimpe, le fichu de dessous ou fichu de propreté et le fichu de dessus. Ce dernier doit être assorti à la jupe, si possible dans le même tissu, ou alors blanc brodé.


Le costume d'Arlésienne à proprement parler
  


Il est généralement porté pour la première fois par la jeune fille un an après sa prise officielle de ruban, lors de la présentation à la Reine d'Arles, lors de la Fête du Costume, le 1er dimanche de juillet en Arles. Les tissus soyeux remplacent alors le coton, en modifiant parfois légèrement le costume : ce sont la jupe et l'eso qui sont désormais dans le même tissu (en soie ou en taffetas), et le fichu est dans un tissu richement brodé ou ornementé (en tulle, en coton, en organdi, en soie, etc..). On peut, en fonction du tissu, trouver la première forme de costume, jupe et fichu assorti avec le taffetas par exemple. Le ruban est de couleur, assorti au tissu, mais il peut aussi être bleu marine. Ce costume peut être porté toute sa vie.
Un sac, des gants, des bijoux et une ombrelle complètent cette tenue, d'une grande sobriété mais aussi d'une grande élégance.


Le costume "gansé" ou de cérémonie


C'est l'ancien costume de mariée porté dans les familles les plus aisées. Son nom vient de la coiffe ornée de ganses*. De nos jours, ce costume est porté plus particulièrement par les jeunes filles. Il est réservé au mariage ou aux grande occasions. Depuis 1930, la Reine d'Arles est intronisée en costume de gansée blanc. Pour le costume de cérémonie, la jupe et l'eso sont taillées dans le même tissu de soie ou de taffetas. Sur la chapelle, avec fichu de dessous, guimpe et plastron en dentelle, "la pèlerine" de dentelle blanche ou ivoire remplace le fichu. Sa richesse se marie avec l'élégance de la coiffe gansée.
Il existe néanmoins une version plus sombre que l'on pourrait appeler "costume de gala". Alors la pèlerine est de dentelle noire, tout comme celle qui borde le ruban de coiffe.


* La ganse, les ganses, le gansé : c'est une bande de dentelles cousue en surjet et dont les extrémités froncées en arrondi sont soutenues par un fil de laiton enrubanné. C'est la coiffe spécifique du costume de la mariée.

Source : d'après le site FFCC Info - Texte arrangé et enrichi par moi-même.


Je tiens à préciser que les illustrations sont des photos trouvées sur internet sur les sites spécialisés dans le costume, mais aussi des cartes postales anciennes ou récentes.


Par Nadine - Publié dans : Costume provençal - Communauté : Traditions et maintenance
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Mercredi 15 avril 2009 3 15 /04 /2009 00:06




Les gardians sont les gardiens des troupeaux de chevaux et de taureaux. La Confrérie des Gardians qui a Saint Georges pour patron existe depuis 1513, mais les gardians salariés sont aujourd'hui bien peu nombreux.

Dans une étude faite par Patricia Guyotte en 1991, elle écrit : "En 1903, René Baranger porte : un chapeau sombre, une veste noire, un pantalon sombre, des triscousses et des sabots".
 Il y a un demi-siècle Carle Naudot notait que "Le gardian de Provence n'a pas de tenue particulière au métier".
Le gardian, qui n’était en fait qu’un bouvier à cheval, s’habillait comme les paysans de l’époque. Il portait souvent la casquette, même en été, et le pantalon en peau de diable, à petits carreaux noirs et gris, et de coupe cavalière, ainsi qu’une veste légère en alpaga.



En 1910, Naudot porte "un pantalon assez ample d’un ton moyen avec liseré sur le côté par-dessus les bottes, une chemise claire à rayures ; un petit gilet, et un chapeau foncé assez haut sur tête à petits bords".

Les autres accessoires d’habillement ont : le casquetoun à rabats, le caban, le burnous d’hiver, les bottes de marais, la "garamacho", des houseaux de toile cirée, des sabots plats. Ces pièces du costume ont pour but de préserver l’homme du vent, de la pluie, et de l’humidité du sol.

Le chapeau dit de Lunel, cabossé de deux coups de poing par-devant et légèrement aplati par derrière, est devenu classique.
La chemise est portée ample, bouffante à la taille, et de préférence ornée de motifs de couleur vive.
La taiolo est devenue un simple foulard chamarré qui se noue sur les reins.
La veste de velours, bordée d’une ganse, a pris une coupe plus moderne, et sa doublure intérieure est devenue rouge.
La cravate, portée dans les fêtes, est dans la tenue de tous les jours remplacée par le foulard imprimé.
Le pantalon de peau, épais et solide, s’est orné d’un passepoil ; très ajusté à la taille et sur le ventre, il a formé aux cuisses le pont qui le rend cavalier, s’est resserré aux genoux, afin de na pas remonter lors des travaux mais surtout lors de la monte à cheval, tandis qu’il s’élargissait sur le pied, à la mexicaine.



Le marquis Folco de Baroncelli

Le marquis Folco de Baroncelli (pour en savoir plus sur Folco de Baroncelli, cliquez ICI) fondateur de la "Nation gardianne" en 1904, crée la coupe gardianne, qui prend véritablement sa forme définitive dans le courant des années 20. Le plus remarqué réside dans la veste de velours noir à bord satiné, et au pantalon en peau de taupe. Il semblerait que la veste est arrivée par l’intermédiaire de l’ingénieur russe, peintre de la Camargue, Yvan Pranishnikoff. Cette veste qu’il portait au collège impérial russe pendant sa jeunesse, Baroncelli l’adopta immédiatement et celle-ci devint la veste traditionnelle des gardians..

A noter cette particularité : Les gardians du marquis, ne portaient jamais de gilet car cette pièce vestimentaire est interdite par l’étiquette de la Nation gardianne, mais ils se paraient volontiers de chemises rouges, ou à pois, à ramages, ou à grands carreaux.

Source : Site FFCC Info - Texte arrangé par moi-même.



Par Nadine de Trans en Provence - Publié dans : Costume provençal - Communauté : Traditions et maintenance
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Lundi 9 février 2009 1 09 /02 /2009 00:00



Le costume provençal s'est fixé chez la femme à l'époque Louis XV, qui marque  un grand essor de la vie rurale en Provence. Il n'est resté vivant qu'au XIXe siècle, avec des modifications qui ont été apportées, simplement dans quelques cas particuliers comme à Arles et ses environs. Mais, en fait, les modes de la capitale l'ont peu à peu uniformisé ou l'ont fait évoluer en ce sens.


Avant la période révolutionnaire, la caractéristique essentielle de la coiffure féminine était de cacher les cheveux sous une coiffe par une pièce d'étoffe qui encadrait étroitement le visage et se nouait sous le menton. C'est en fait la Révolution qui amènera le dégagement des cheveux et la mise à nu de la tête. Pour la bourgeoise comme pour la femme du peuple d'ailleurs, la coiffe peut être à canons avec un ou plusieurs rangs de dentelles à petite plis tuyautés, de forme et d'ampleur variables. La tête est recouverte parfois selon les circonstances, d'un chapeau à la berigoulo, en forme de champignon.


Pour le petite peuple, le simple bonnet de mousseline est surmonté l'été d'un chapeau de paille tressée, et en feutre noir l'hiver. En fonction de la localisation géographique, les formes sont variables : il y a la coiffe à la grecque des Comtadines (habitantes du Comtat Venaissin), le bonnet phrygien à crête de coq, appelé couqueto, de la petite bourgeoise marseillaise ou la frégate sous Charles X, imitant la mode de Paris, simples pour les femmes du peuple, qu'elles soient de Marseille, de Toulon ou des villages de l'intérieur de la Provence.


L'hiver, la femme revêt une jupe de dessus très ample, tombant à mi-mollets appelée coutilhon, en demi-drap ou drap brun, et l'été une jupe en indienne ouatée et piquée. Par-dessous, elles porte un ou plusieurs jupons blancs en coton ouaté et piqué, et par-dessus, un tablier tantôt sombre, ou bien en indienne fleurie. Sa camiso, une chemise de toile blanche assez grossière descendant jusqu'aux mollets, est ouverte, bordée d'une collerette de mousseline et recouverte en partie par un corset ou un corselet, ou bien encore par un corsage court, le caraco, en indienne, avec par-dessus, un fichu croisé en indienne également, en mousseline, en laine, brodé ou imprimé selon les circonstances et la fortune de sa propriétaire. Elle met des bas de coton ou de filoselle, unis ou bien rayés et chausse des souliers plats ou des pantoufles. L'ensemble est en général assez gai et de couleurs vives.
Il y a là aussi, des variantes en fonction de l'âge, du statut social et des traditions locales de l'endroit où elle habite.

Source : D'après l'Alamanch de la Provence - Pierre Echinard - Pays et Terres de France.


Par Nadine de Trans en Provence - Publié dans : Costume provençal - Communauté : Traditions et maintenance
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Vendredi 16 janvier 2009 5 16 /01 /2009 00:00



Le costume masculin provençal, tout comme le féminin, est lié au lieu, à la condition sociale, au métier. Bergers avec la lourde pèlerine (roupo) et le bonnet brun, pêcheurs au bonnet rouge pendant sur l'arrière, en caban et bottes de cuir montées sur des sabots de bois, paysans au large chapeau retroussé en pointe sur l'avant ou au chapeau de paille aux larges ailes, alors que le bourgeois arbore le calitre (qui est en forme de décalitre) ou le mié-calitre.


Homme portant la taiolle

Beaucoup portent la taiolle, une large et longue ceinture de tissu tournant plusieurs fois autour de la taille, de gros souliers ferrés et des guêtres de peau, sans bas, attachées sous le genou par une jarretière de couleur rouge ou verte.
Au XVIIIe siècle, l'habit ordinaire du bourgeois des villes et celui du dimanche pour le paysan est le vêtement "à la française", c'est-à-dire la culotte descendant jusqu'aux genoux avec des guêtres de peau ou de longs bas de laine, un gilet ajusté descendant jusqu'à la ceinture et par-dessus un habit de drap grossier, large et légèrement pincé à la taille, prolongé par deux basques plus ou moins longues. Les manches se terminent par de grands parements garnis de boutons. Dans les campagnes, par commodité, la culotte, plus facile à porter pendant le travail, va longtemps résister au pantalon. Elle est accompagnée l'été d'une simple chemise au col rabattu. A la ville, la blouse, venue de la campagne, est devenue fréquente chez l'artisan et l'ouvrier après 1830. Elle reste encore à la fin du XIXe siècle, le vêtement du roulier, du maquignon, du berger, et, plus généralement, le cache-poussière qu'on revêt pour les déplacements. Quelques accessoires comme le couteau recourbé à la ceinture, la bourse de peau pour le tabac, la pipe (cachimbaou) et la pierre à feu (peyrar) accompagnent la tenue ordinaire du paysan, du pêcheur comme aussi de l'artisan.
Les santons et les pastorales ont largement contribué à fixer dans l'imagerie populaire les costumes de la Révolution à la monarchie de Juillet, repris par les différents groupes folkloriques de Provence.

Source : D'après l'Almanach de la Provence - Pays et terres de France - Editions Larousse.


Bourgeois d'Arles portant le tricorne - fin du XVIIIe siècle

 

Par Nadine - Publié dans : Costume provençal - Communauté : Traditions et maintenance
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