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Requêtes d’internautes tapées sous Google pour arriver chez Dr Coq :
les gagnants.
« Je vais vous dire trois métamorphoses de l'esprit : comment l'esprit devient chameau, comment le chameau devient lion, et comment enfin le lion devient enfant. » Vous reconnaissez les premières pages du Zarathoustra de Nietzsche.
Je vais vous dire les trois métamorphoses du Coq : comment le Coq fut chameau, comment de chameau il devient lion, et comment de lion, ici et maintenant, sous vos yeux ébahis, il devient enfant. Les choses pourraient vous paraître prétentieuses, pourtant trois événements majeurs de ma vie me font signes forts d’un renouveau. Une nouvelle page se tourne, et quelle page agitée ! En me lisant, vous m’avez aidé et je vous en remercie.
Je n’ai sans doute pas insisté suffisamment sur toutes les portes que m’a ouvertes Michel Onfray, en particulier pour la réalisation de ce travail d’écriture autour de la médecine générale. Je m’y suis beaucoup cherché, et quelques lignes de ma biographie peuvent éclairer cette histoire de plus de deux ans avec vous qui s’achève.
J’ai toujours été subjugué par sa proposition de pouvoir fabriquer nos vies comme des œuvres d’art, de nous sculpter liberté à partir d’un bloc de marbre initial. Chacun doit être son propre artiste pour se créer unique. Mais le marbre me paraissait trop beau, trop grand, trop rigide, trop frigide, trop froid, trop définitif, trop tombal pour ma vie à moi : et lui de me répondre que depuis Marcel Duchamp, les références de l’art, du beau avec un grand B ont explosé, et qu’on est autorisé désormais à bâtir son œuvre avec le matériau ou sur le support que l’on désire. Arghh ! J’adore !! Moi aussi, donc ? Cette simple compréhension de l’esthétique moderne est considérable pour moi. Je, vous, chacun, toi, eux, pouvons nous créer liberté, nous fabriquer à partir de ce que nous sommes. Devenir ce que nous sommes, nous dirait Pindare. Je ne suis pas extrait d’une carrière de marbre, devant poser pour l’éternité, je n’ai aucun désir de devenir un petit Apollon imparfait, une mauvaise copie, mais je peux me façonner unique à partir de mon terreau, de ma glaire, de ma glaise, je peux accepter mes plumes abîmées, ma crête terne, mes petits ergots, vivre avec et mieux les aimer tant qu’ils ne sont pas modifiables.
Et j’observe, dans ma patientèle de quartier populaire, comme de toutes petites gens ont su créer d’elles-mêmes de véritables œuvres d’art. Je suis sidéré par chaque histoire, dès qu’elle est sincère. Je vous promets comme je sais des vies magnifiques façonnées avec trois bouts de ficelle et deux morceaux de carton : cette simple constatation m’ouvre des espaces considérables. L’œuvre de soi n’est pas réservée à l’autre.
J’ai bénéficié à l’écoute de M.O. et à ses conseils de lectures des bombes qui ont enthousiasmé mon travail de généraliste. D’abord, j’ai osé penser ! Avec ma culture souffreteuse, ma mémoire à trous, sans idées préconçues, livresques ou apprises par cœur, j’ai buté sur des problèmes et j’ai cherché des solutions, des réponses d’homme tant aux interrogations des patients qu’aux miennes.
Actuellement, il me parle du Zarathoustra de Nietzsche, et l’approche symbolique du 28 avril s’impose comme évidence pour clôturer ce travail d’écriture. Je ne suis pas plus malin que les autres et je ne promets rien de plus que la sincérité qu’est celle que je ressens actuellement : peut être ne pourrai-je faire sans vous et que je reviendrai taper à votre porte la queue entre les pattes ! Mais je vous promets que ce n’est pas une coquetterie, une fausse sortie à la mode du showbiz : c’est bien pour moi d’une étape majeure qu’il s’agit.
Sorte de parabole débutant le Zarathoustra, le chameau qui laisse la place au lion qui s’effacera devant l’enfant expose de façon étonnante mon parcours.
Voyons un peu.
Pendant plus de trois décennies, j’ai vécu en chameau exemplaire, heureux de porter les charges les plus lourdes, aimant m’agenouiller pour mieux subir, allant on ne peut plus amblement dans la vie, blatérant sans rien déblatérer, aimant à me nourrir d’épines et fermant les paupières sous les tempêtes de sable, affrontant sans broncher les morsures des éléments.
J’ai subi de plein fouet (dans un premier temps, avant d’en voir le bénéfice !) un hapax existentiel, un tremblement de Père de force 12 sur l’échelle de Richter, à 33 ans, âge symbolique s’il en est ! À l’inverse d’un Saint Paul sur le chemin de Dallas, j’ai vécu une dé conversion brutale, dans l’immédiateté de l’explosion d’une bulle qui gonflait irrémédiablement, ou comme l’excision d’un abcès monstrueux. Mort de Dieu, mort du Père symbolique. Fin de la religion, découverte de Freud et de la philosophie, en route pour un avenir sans illusions.
Vinrent ensuite ces années à tenter de me créer liberté, de remplacer le « tu dois » de la moraline par le « je veux ». Fermeture du Livre Unique ruminé pendant trois décennies pour me plonger avec délectation dans des dizaines d’essais tous plus excitants les uns que les autres. Période agitée, difficile je l’avoue, me permettant de créer des nouvelles valeurs, des nouvelles références. Pour me débattre avec mes démons intérieurs, j’ai cherché des réponses dans les livres et j’ai beaucoup écrit. Des lettres d’amour au kilo, une correspondance d’une richesse indicible, du roman autobiographique à usage local ou du pamphlet atomique resté dans mes tiroirs, et cette belle aventure du Dr Coq avec vous, beaucoup plus sereine, sous mon identité propre comme pour m’approprier vraiment mes transformations et les partager avec ceux qui ne comprennent pas nécessairement mon parcours.
Parenthèse. Quelques lignes de l’élégance du hérisson de Muriel Barbery que je lis actuellement, sur les conseils d’une patiente, dans lequel je comprends ma façon atypique de penser et d’écrire : « J’ai lu tant de livres… Pourtant, comme tous les autodidactes, je ne suis jamais sûr(e) de ce que j’en ai compris. Il me semble un jour embrasser d’un seul regard la totalité du savoir […] puis, brutalement, le sens se dérobe, l’essentiel me fuit et j’ai beau relire les même lignes, elles m’échappent chaque fois un peu plus tandis que je me fais l’effet d’un vieux fou (d’une vieille folle) qui croit son estomac plein d’avoir lu attentivement le menu. Il parait que la conjonction de cette aptitude et de cette cécité est la marque réservée de l’autodidactie. Privant le sujet des guides sûrs auxquels toute bonne formation pourvoit, elle lui fait néanmoins l’offrande d’une liberté et d’une synthèse dans la pensée là où les discours officiels posent des cloisons et interdisent l’aventure. »
Et voilà que s’impose à moi, j’en ai la plus profonde conviction, une autre phase de ma vie. Les témoins sont là, et quels éléments déterminants sur mon parcours, des événements intimes considérables dont je ne peux bien sûr parler ici, diverses ruptures avec moi-même ! J’accepte enfin cet Amor Fati (aime ce qui adviens), prenant le réel tel qu’il est. Enfant je deviens, moins soucieux du devenir, innocent et sachant goûter la fraîcheur de ce qui m’arrive.
Echappant enfin aux valeurs, aux fadeurs, aux pâleurs du bien et du mal tombés du Ciel. Abandonnant jusqu’à la transvaluation de l’idée de péché en jouissance peccamineuse !
Je m’explique. En phase chameau, on me disait : tu ne boiras pas de ce breuvage, et je n’en buvais pas au prix d’une culpabilité intense ou d’une désobéissance ressentie comme infernale. En phase lion, je découvrais la possibilité de boire le breuvage, en abandonnant mes culpabilités, mais au prix parfois excessif de la toxicité du produit. J’avais retourné la pièce de monnaie ou le gant, mais la pièce ou le gant restaient les mêmes. Et cette phase enfant qui m’arrive, pleine des promesses que vous imaginez, me permet de goûter enfin au breuvage en toute liberté. La liberté, bien sûr, est tout le contraire du tout permis, du n’importe quoi, du nihilisme ou du consumérisme…
Abandonnant en chemin une grande partie du moteur névrotique qui m’a ému, qui m’a mu et qui m’amuse, tout décontenancé de cette nouvelle phase qui m’aborde, continuer à écrire d’une alterne façon risquerait de déstabiliser mes hystériques de garde, certaines lectrices chouchoutissimes dont j’ai tant apprécié la fraîcheur débridée !
Ainsi, alors, se termine cette belle aventure. Je pose la plume…
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John
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Philippe Val
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Antonio Vivaldi
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Marguerite Yourcenar
(vitrine en cours)
Socrate, en avalant la ciguë qui le mourut tout cru, donna à son compère Criton cette réplique fameuse : « Il faut donner un Coq à Asclépios », ou encore « Nous devons un Coq à Esculape ». Me voilà donc, bravement recommandé par le vieux sage, endossant sa maïeutique et son ironie paradoxale, essayant de me connaître moi-même et ne sachant qu’une chose, c’est que je ne sais rien.
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